Blaise Cendrars


La correspondance inédite de Blaise Cendrars avec l'exploratrice Elisabeth Prévost entre 1938 et 1940 est publiée par Monique Chefdor aux éditions Joca Seria à Nantes. Une occasion de découvrir un Blaise Cendrars nouveau et intime.

Monique Chefdor, universitaire et fondatrice à New-York en 1978 de l'Association Internationale Blaise Cendrars, a travaillé 25 ans sur l'oeuvre et la vie de l'écrivain français et a personnellement recueilli les souvenirs d'Elisabeth Prevost, décédée en novembre 1996 à l'âge de 85 ans. Lorsque Cendrars la rencontre en février 1938 chez des amis, Elisabeth Prévost rentre d'une traversée de l'Afrique en Ford au cours de laquelle elle a chassé l'éléphant et cherché de l'or. Elle a 27 ans et Blaise 50 ans. Monique Chefdor n'hésite pas à parler de coup de foudre: "Blaise Cendrars avait devant lui une très jeune femme dont la vie ressemblait en tous points aux récits de ses livres. Ce fut un choc pour lui et le début d'une amitié rarissime".

Avant de rejoindre le front comme correspondant de guerre, Blaise Cendrars passera deux ans entre Paris et les Ardennes chez Elisabeth Prevost, au milieu des chevaux et en grand secret. C'est son portrait qu'il tracera en 1945 dans L'homme foudroyé.

Voyageuse infatigable, Elisabeth Prevost a fait plusieurs tours du monde comme reporter, élevé des lapins sur une île, etc... Connue de l'Irlande au Québec pour ses qualités de pêcheur, elle a entrepris à 78 ans son dernier tour du monde en cargo. Elle avait élu l'île d'Houat comme dernier port d'attache, où elle a été enterrée. Cendrars l'incitait à écrire, mais, explique Monique Chefdor, "c'était avant tout une baroudeuse, très anglaise de style et pleine d'humour mais somme toute assez solitaire. Elle a écrit de merveilleux reportages, toujours inédits".

Elisabeth Prevost a rédigé ses premières nouvelles alors que Blaise Cendrars n'était plus de ce monde, elle a également traversé le monde du théâtre aux côtés de Louis Jouvet et Jean Vilar, et le monde du cinéma du Chili au Portugal. Seules 31 lettres parmi les centaines échangées entre l'écrivain et la jeune femme ont été sauvées de l'incendie de sa propriété des Ardennes parce qu'elles étaient enfouies dans une paire de bottes de cheval au fond d'une malle. Elisabeth Prevost se souciait peu de rendre publique son amitié avec Cendrars.

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Blaise Cendrars / Elisabeth Prévost, Madame mon copain (Éditions Joca Seria).

Copyright © Anne-Marie Jaton / La République des Lettres, Paris, lundi 01 septembre 1997. Droits réservés pour tous pays. Toute reproduction totale ou partielle de cet article sur quelque support que ce soit est interdite. Les citations brèves et les liens vers cette page sont autorisés.

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