La République des Lettres > Tango > Vibrations > lundi 14 juin 2004

Vibrations

Sortie du CD Vibrations, Le Son du Tango.

Il arrive toujours un moment où le moderne côtoie l'ancien. Il se pose naturellement là, sans provocation, accepté par tous. La compilation Vibrations sous forme de double CD qui vient de sortir en est l'illustration pour le tango. Un CD pour le tango moderne du XXIème siècle, un autre pour le tango traditionnel du XXème siècle. Tout le monde est content. Le Son du Tango (Collection Vibrations chez Universal Music) compte au total une trentaine de titres partagée moitié-moitié entre interprétations classiques et modernes. La sélection nous permet de lire la continuation du genre dans les expérimentations musicales contemporaines sans qu'il y ait de coupure trop brutale avec la tradition. Bien entendu, les musiciens contemporains ayant tous bien intégré leur petit Piazzolla donneront un peu plus de fil à retordre aux danseurs de bal encore très imprégnés de la cadence de l'âge d'or, mais là aussi les oreilles et les pieds même les plus traditionalistes commencent à s'habituer. Il reste aujourd'hui peu de DJ's qui ne s'autorisent pas à plus ou moins forte dose quelques séquences "sons et rythmes nouveaux" du tango pour les pistes de danse. Les plus nuls réussissent généralement à les faire déserter mais les meilleurs réussissent à contrario à énergiser les parquets. Ce n'est donc pas tant le tango "indansable" qui empêche de danser que le talent du DJ qui le passe. Avec Vibrations, le son du tango, chacun des morceaux devrait toutefois passer sans trop de rejets. Aucun problème on s'en doute pour les habituels Tanturi, Gobbi, Di Sarli, Castillo et Troilo, sans oublier l'incontournable classique progressiste du tango, Osvaldo Pugliese, tout à fait à sa place ici pour assurer la transition entre anciens et modernes, ni la toujours féministe enjouée Tita Merello avec sa populaire milonga Se dice de mi. Du côté XXIème siècle, chacun connaît désormais le tango electro du Gotan Project ou les rythmes noirs de Caceres. Un petit pas de plus et les Gustavo Beytelmann, Sandra Rumolino, ou même Grace Jones avec son interprétation du Libertango de Piazzolla, seront aussi de la fête. A noter que l'album contient aussi un petit fascicule avec un texte pour une fois utile, quoique un peu aproximatif, retraçant l'histoire du tango argentin.

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