La République des Lettres > Jérôme Salle > Anthony Zimmer > mercredi 27 avril 2005

Anthony Zimmer

Sortie de Anthony Zimmer de Jérôme Salle, avec Sophie Marceau, Yvan Attal et Sami Frey.

Chiara (Sophie Marceau) a rendez-vous à la Gare de Lyon avec son amant Anthony Zimmer, trafiquant et escroc de haut vol qui vient de changer de tête grâce à la chirurgie esthétique afin d'échapper à Interpol. Akerman (Sami Frey), as de la police des douanes, suit Chiara dans le but de coincer ce nouveau Zimmer au visage inconnu. Le fugitif ne viendra pas mais fait remettre à sa maîtresse un message dans lequel il lui demande de choisir un quidam au hasard et de le faire passer pour lui afin de semer policiers et mafieux russes lancés à ses trousses. Elle monte dans un TGV pour la Côte d'Azur et jette son dévolu sur François Taillandier (Yvan Attal), brave homme un peu paumé tout juste plaqué par son épouse. Séduit par cette femme fatale énigmatique François deviendra un leurre entraîné malgré lui dans un engrenage dangereux.
Sur cet improbable scénario largement inspiré par les films d'Hitchcock (de La mort aux trousses à Marnie en passant par La Main au collet et L'Inconnu du Nord Express), le jeune Jérôme Salle -- dont c'est le premier long-métrage, il était aupravant photographe pour la publicité --, offre un thriller à la française aussi toc et clinquant que la breloque et la French Riviera luxuriante des décors.
Egaré dans le jeu des clichés cinéphiliques et des faux-semblants d'une mise en scène à lourds rebondissements -- disparitions, apparitions, mensonges, séductions, énigmes, fausses identités, manipulations, tous gros clins d'oeil plus appuyés les uns que les autres --, le spectateur perd rapidement le suspens et le fil de l'intrigue. Ce ne seront ni le budget très confortable de la production ni le couple glamour Marceau / Attal de l'affiche qui parviendront à cacher les grosses ficelles de ce polar manipulatoire et alambiqué. La partie d'échecs se révèle assez ennuyeuse et se conclue par un épilogue attendu par tout le monde. Il aurait fallu un peu moins d'esprit farceur et un peu plus de métier à Jérôme Salle avant de prétendre jouer à ce genre de cinéma référenciel.

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Copyright © La République des Lettres, Paris, mercredi 27 avril 2005