Nicolas Hulot

Nicolas Hulot

Journaliste animateur d'émissions télé et militant écologiste, Nicolas Hulot - Nicolas, Jacques, André Hulot pour l'état civil — est né le 30 avril 1955 à Lille (Nord). Son père, Philippe Hulot, est Chercheur d'or, Confiseur et Créateur de jardins. Sa mère Monique Moulun, issue d'une grande famille catholique ruinée, est responsable de maisons de santé. Il a un frère, Gonzague, et une soeur, Béatrice. Son grand-père parternel aurait, selon la légende, inspiré le cinéaste Jacques Tati pour le personnage de Monsieur Hulot.

Il suit sa scolarité à l'École Saint-Jean de Passy de Paris, au Collège Sacerneau de Nice puis au Lycée Fénelon de Paris, où il passe son baccalauréat. Deux drames marquent son adolescence: en 1970, la mort de son père à la suite d'un cancer, et le soir de Noël 1974, la découverte dans la cave de la maison familiale de son frère Gonzague qui vient de se suicider.

En 1973, après quelques mois d'études à la Faculté de Médecine de Paris-VI, il découvre le photo-journalisme. En 1975, après divers petits boulots (moniteur de voile, serveur, plagiste,...) et quelques piges de photo-reporter, il est embauché à l'agence de presse SIPA. Il y effectuera jusqu'en 1979 plusieurs grands reportages photo sur les guerres et les catastrophes naturelles aux quatre coins de la planète, dont notamment la couverture du tremblement de terre au Guatémala en 1976, les évènements de la fin de l'apartheid en Afrique du Sud la même année, ou encore la guerre d'indépendance en Rhodésie en 1977. Le 02 novembre 1979, il refuse de photographier Jacques Mesrine qui vient d'être abattu dans des circonstances controversées par les policiers de la brigade anti-gang.

Le voyage vers l'Afrique du Sud, effectué à bord du Pen Duick VI du navigateur Eric Tabarly, lui inspire un premier livre-album photo, Tabarly: 45 ans de défi (Éditions Sipa / PAC, 1976), suivi deux ans plus tard de Ces enfants qui souffrent (Éditions Sipa / PAC, 1976), consacré aux enfants des pays en guerre et préfacé par le professeur Robert Debré.

En 1978, Nicolas Hulot intègre France-Inter. Jusqu'en 1987, il y anime et/ou produit plusieurs émissions (Antipodes, Action, Les Fêlés, Signe particulier, le Brunch des aventuriers, etc) où il affirme son style de journaliste aventurier un tantinet tête-brulée, faisant souvent vivre en direct ses reportages au coeur du monde sauvage: la descente du Zambèze à la pagaie, la traversée de la Manche en planche à voile, le Pôle Nord en scooter des neiges puis en ULM, le rallye Paris-Dakar, la traversée de l'Atlantique à la voile, les courses de moto (La poignée dans le coin) ou, dans un registre plus intellectuel, s'entretenant avec des personnalités du monde culturel et scientifique (L'Agenda de...).

Après un premier début à la télévison en 1980 dans une émission pédagogique pour enfants, Les visiteurs du mercredi, Nicolas Hulot quitte France Inter en 1987 pour TF1. Il y produit et/ou présente successivement trois émissions consacrées à la découverte de la nature et des hommes: Ushuaïa, le magazine de l'Extrême (1987-1995), Opération Okavango (1996-1997) et Ushuaïa Nature (depuis 1998). Ces émissions à succès, qui rassemblent généralement de 7 à 9 millions de téléspectateurs et le rendent très populaire auprès des Français.

Entre 1989 et 1991, il publie trois livres sur ses expériences et ses convictions de militant écologiste: Chasseurs de Pôles (Éditions Albin Michel), Les chemins de traverses (Éditions JC Lattès, 1989) et États d'âme (Éditions JC Lattès).

En 1990, il crée la Fondation Ushuaïa, rebaptisée en 1995 Fondation Nicolas-Hulot pour la Nature et l'Homme (FNH). Reconnue d'utilité publique en 1996, cette ONG qu'il préside toujours a pour mission déclarée l'éducation à la protection de l'environnement. Elle mène, seule ou en partenariat, de nombreux projets à visée écologiste et humaniste: Comité de Veille Écologique, campagnes "Défi pour la Terre" et "Évolution", Pacte écologique,...

De 1992 à 1995, parallèlement à ses émissions, ses publications et son activité au sein de sa fondation, Nicolas Hulot assume également la rédaction en chef du magazine VSD Nature. Questions de nature (Éditions Plon) est publié en 1995, À mes risques et plaisirs (Éditions Plon) en 1998, Pour que le Terre reste humaine (entretiens de Jean-Louis Schlegel avec Robert Barbault, Dominique Bourg et Nicolas Hulot, Éditions du Seuil) en 1999, et Ushuaïa, paradis du bout du monde (Éditions Michel Lafon) en 2000. À partir de 2000, il co-présente sur La Chaîne Info (LCI) l'émission Eco-Logique.

Sans diplôme universitaire, sans expérience politique, Nicolas Hulot ne suit pas un parcours politicien traditionnel. "Électron libre" selon sa propre définition, coktail de Philippe de Dieuleveult, de Yann Arthus-Bertrand, d'abbé Pierre et de commandant Cousteau, il met à profit son importante cote de popularité dans l'opinion publique pour délivrer son message écologiste à travers des actions médiatiques et politiques. En 2002, il manifeste son mécontement à l'égard des responsables politiques en publiant Combien de catastrophes avant d'agir ? (Éditions du Seuil). Jacques Chirac fait alors appel à lui pour le conseiller sur les questions environnementales. Il rédige le fameux discours prononcé par le Président de la République au Sommet de la Terre de Johannesburg, en septembre 2002: " Notre maison brûle et nous regardons ailleurs,..". Dans son livre Le syndrome du Titanic (Éditions Calmann-Lévy, 2004), il révèle que Jacques Chirac lui propose même de devenir Ministre de l'Écologie dans le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin. Il décline l'offre mais n'hésite pas à demander l'inclusion d'une charte de l'environnement dans la Constitution de la République Française, ce qui sera fait au printemps 2005. La Terre en partage, éloge de la biodiversité (Éditions La Martinière) sort en librairie la même année, ainsi que Graines de possibles, regards croisés sur l'écologie (Éditions Calmann-Lévy), un livre d'entretiens avec le militant écologiste Pierre Rabhi.

Fin 2006, malgré 11% d'intentions de votes dans les enquêtes d'opinion et de nombreux soutiens — dont celui de Jean-Louis Borloo, à l'époque ministre de l'Emploi et futur ministre de l'Écologie --, Nicolas Hulot refuse de se présenter à l'élection présidentielle de l'année suivante. Il prend l'initiative d'un "Pacte écologique" qui sera signé par les principaux candidats, dont notamment Nicolas Sarkozy (UMP), Ségolène Royal (PS), François Bayrou (MoDem), Marie-George Buffet (PCF) et Dominique Voynet (Verts). Durant la campagne, il déclare qu'il n'appellera à voter pour aucun des candidats en lice et qu'il leur "fait confiance" quant à leur engagement vis-à-vis du Pacte écologique (bien entendu, une fois élu, Nicolas Sarkozy ne tiendra pas ses engagements en la matière). Il prend une part active dans les négociations du "Grenelle de l'Environnement" lancé en octobre 2007 par Alain Juppé, ministre de l'Écologie, mettant notamment en avant l'idée d'une fiscalité écologique.

Ses détracteurs au sein du mouvement écologiste — notamment ceux du courant de la Décroissance — lui reprochent alors de ne pas être assez radical dans la critique du système économique capitaliste et de faire financer sa fondation par des multinationales peu soucieuses de la protection de l'environnement: EDF, L'Oréal, Hôtels Ibis, Vinci, Bouygues, Rhône-Poulenc,...

Son très pessimiste film altermondialiste sur "l'urgence écologique", Le Syndrome du Titanic, adapté de son livre éponyme, sort en salles en octobre 2009 mais est boudé par le public. Daniel Cohn-Bendit, son "conccurrent" médiatique d'Europe Ecologie Les Verts (EELV), trouve le film "trop alarmiste, extrémiste et culpabilisateur" et l'humoriste Stéphane Guillon le caricature en "ancien fumeur qui fait chier tout le monde à la moindre odeur de clope".

En 2010, Nicolas Hulot se retire des groupes de travail du Grenelle de l'Environnement après l'enterrement par le gouvernement Fillon / Sarkozy de son projet de taxe carbone sur les produits polluants. En décembre de la même année, le baromètre Ifop / Paris-Match le classe à la première place des personnalités les plus populaires des Français, devant Jacques Chirac et Dominique Strauss-Kahn.

Le 13 avril 2011, à Sevran (Seine-Saint-Denis), il annonce officiellement sa candidature aux élections présidentielles de 2012. "Jusqu'ici je crois que mon mode d'engagement a été utile. En conscience, j'estime qu'il doit passer maintenant à une autre étape. J'ai donc décidé d'être candidat à l'élection présidentielle et de mettre au service du changement le capital de confiance que j'ai pu accumuler auprès des Françaises et des Français. Dans ce moment de gravité et de complexité que traverse notre pays, je n'ai pas d'autre ambition que de contribuer à ouvrir la voie d'une société nouvelle, écologique et sociale. Je le ferai avec modestie mais détermination, sans arrogance mais avec toute ma volonté et mon énergie", déclare-t-il à la presse. Se positionnant clairement dans l'opposition au pouvoir en place, il sollicite le soutien de l'ensemble des écologistes et notamment d'Europe-Ecologie-Les Verts (EELV).

Le 25 avril 2011, en déplacement en Alsace auprès de militants antinucléaires locaux — qui réclament la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim — pour la commémoration des vingt-cinq ans de la catastrophe de Tchernobyl, il déclare clairement, pour la première fois, que "L'objectif de sortir du nucléaire est un objectif prioritaire". Le drame de la centrale de Fukushima, au Japon, est pour lui "une démonstration qui achève de me convaincre que le nucléaire ne peut plus être la réponse à l'avenir énergétique de la planète". [...] "Je faisais partie de ceux qui accordaient une certaine confiance aux arguments des ingénieurs pronucléaires. Leurs arguments s'émoussent aujourd'hui à l'épreuve des faits", précise-t-il.

Le 10 juin 2011, dans un entretien accordé au quotidien Le Parisien / Aujourd'hui en France, Nicolas Hulot précise quelques grands axes de sa campagne électorale. Il affirme notamment que, s'il est élu, il lancera une grande réforme de la fiscalité qui taxera le capital: "Au lieu de toujours taxer le travail, il faut taxer le capital", déclare le candidat écologiste, ajoutant "Tout profit, quel qu'il soit, doit être taxé. [...] Il faut répartir convenablement l'effort, car aujourd'hui, plus vous gagnez d'argent, moins vous participez à la solidarité. [...] Je dis ça sans haine, je ne suis pas dans la lutte des classes, mais je préfère taxer les machines plutôt que les hommes". Il indique aussi que ses autres priorités sont la sortie du nucléaire, une réforme de l'agriculture et une réforme de la démocratie.

Les sondages propulsent déjà Nicolas Hulot meilleur présidentiable écolo, loin devant la principale candidate EELV déjà officiellement en lice, l'eurodéputée Eva Joly. 52% des Français, de droite comme de gauche, souhaitent en effet le voir porter les couleurs écologistes pour l'élection présidentielle de 2012 contre 26% seulement pour Eva Joly (sondage Viavoice pour Libération du 20/06/2011). Parmi ses premiers soutiens, on relève entre autres les noms du très populaire ancien résistant Stéphane Hessel qui justifie son soutien par l'envie de "démontrer aux socialistes qu'ils ne peuvent pas obtenir tout seuls la majorité pour faire partir ceux qui sont nos ennemis communs". Le leader altermondialiste José Bové, député européen Europe Ecologie-Les Verts, lui apporte également son soutien, estimant qu'il incarne un "écologie de l'ouverture, du débat [...] une écologie politique alternative pour répondre aux crises".

Cependant, malgré cette popularité, c'est la très austère Eva Joly qui sort en tête de la primaire d'Europe Ecologie-Les Verts le 29 juin 2011, avec 49,75% des voix contre 40,22% pour Nicolas Hulot. Au second tour, qui se tient le 12 juillet suivant, sur quelque 23.000 bulletins de vote d'électeurs EELV, le score final donne 58,16% des voix à Eva Joly contre 41,34% à l'animateur d'Ushuaïa. Nicolas Hulot s'incline devant la victoire de sa concurrente, évoquant un "choix sans ambiguïté" des militants et souhaitant à Eva Joly et à EELV de "rencontrer l'adhésion du plus grand nombre dans la campagne présidentielle à venir". Pour lui, désormais, "le temps de la réflexion et de l'analyse commence et celui des décisions suivra" car son "engagement écologique ne se résume pas à ce parcours dans la primaire", écrit-il dans un communiqué à la presse. "Je veux redire aux Françaises et aux Français, sans peut-être avoir eu le temps de les convaincre comme je l'espérais, qu'au-delà de la campagne, de ses aléas, de ses codes singuliers, l'enjeu écologique est au-dessus de tous les autres enjeux", ajoute-t-il.

Côté vie privée, Nicolas Hulot a divorcé en 1996 d'Isabelle Patissier, double championne du monde d'escalade, épousée en 1993. Il vit aujourd'hui avec sa seconde épouse, Florence Lasserre, épousée en 2002 et mère de ses deux fils, Nelson et Titouan. Selon la biographie Sain Nicolas de Bérengère Bonte (Éditions du Moment), TF1 lui verse un salaire fixe de 33.000 euros par mois pour la réalisation d'Ushuaia nature, auquels il faut ajouter quelque 60.000 euros de royalties et de droits d'auteur perçus par Eole Conseil, la société qu'il a créée en 1990 pour gèrer ses affaires. Outre les émissions télé et les publications DVD, la marque Ushuaïa, détenue par Nicolas Hulot, est en effet également déclinée sous forme d'un magazine papier, Ushuaïa, d'une chaîne de télé sur le câble, Ushuaïa TV, et de divers produits dérivés: cosmétiques bio, gels douche, lunettes de soleil, CD musicaux, montres, etc. À noter qu'il a renoncé à son salaire et à son émission Ushuaïa Nature sur TF1 le temps de la campagne électorale. Sa dernière publication en date est une préface au livre du Vert Denis Baupin, adjoint au maire de Paris, La planète brûle. Où sont les politiques ? (Éditions Hoëbeke).

Nicolas Hulot partage sa vie entre ses bureaux de Paris, la Bretagne, où sa femme est conseillère municipale de Saint-Lunaire, et la Corse où il possède une maison. Entre ses multiples activités, il dirige également des collections d'essais chez Albin Michel et JC Lattès. Parmi ses loisirs favoris, il pratique régulièrement la plongée sous-marine, le kitesurf, le deltaplane et la montgolfière.

Il est Officier de la Légion d'honneur, Officier de l'Ordre national du Mérite, Officier de l'Ordre du Lion du Sénégal et Chevalier des Arts et des Lettres. Il a été récompensé par les 7 d'or 1999 et 2001 de la meilleure émission de découverte et d'évasion pour Ushuaia nature et en 2002 par le prix Roland Dorgelès, catégorie Télévision.

Copyright © Hortense PaillardLa République des Lettres, Paris, dimanche 23 septembre 2018. Droits réservés pour tous pays. Toute reproduction totale ou partielle de cet article sur quelque support que ce soit est interdite. Les citations brèves et les liens vers cette page sont autorisés.

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