Denis Olivennes

Denis Olivennes

Denis Olivennes est né le 18 octobre 1960 à Paris (16e) dans une famille de médecins aisés engagés politiquement à gauche. Son père est le poète et psychiatre d'origine juive polonaise Armand Olivennes (né Olievenstein à Berlin en 1931, nom transformé en 1960), sa mère (Marie Landau) est pédiatre et psychanalyste lacanienne, son oncle est Claude Olievenstein, psychiatre spécialisé dans les troubles de la toxicomanie. Il a deux frères: François Olivennes, médecin spécialiste de la reproduction artificielle (par ailleurs époux de l'actrice Kristin Scott-Thomas), et Frédéric Olivennes, actuel directeur de Radio Nostalgie.

Ses parents divorcent en 1970. Il suit sa scolarité au Lycée Henri IV de Paris où il se lie d'amitié avec entre autres le futur chanteur Patrick Bruel. En 1975, militant des "comités rouges" de la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR), il est exclu du lycée pour agitation révolutionnaire. Il poursuit néanmoins ses études à l'École Normale Supérieure (ENS) de Saint-Cloud, à l'Institut d'Études Politiques (IEP) de Paris et de l'École Nationale d'Administration (ENA, promotion Michel de Montaigne, 1986-88). Outre ses diplômes de l'IEP et de l'ENA, il est titulaire d'un Doctorat d'Histoire, Agrégé de Lettres Modernes et Agrégé de Sciences économiques et sociales.

Denis Olivennes débute sa carrière d'abord comme Auditeur puis Conseiller référendaire à la Cour des comptes (1989-1992) avant de devenir en 1992 Conseiller technique puis Chargé de mission sur l'emploi et la formation professionnelle auprès de Pierre Bérégovoy (ministre des finances puis Premier Ministre de François Mitterrand).

En 1993, il rejoint le groupe Air France dirigé par Christian Blanc où il occupe les postes de Secrétaire général puis de Directeur général adjoint de 1995 à 1997.

En 1998, il devient devient Président-Directeur Général du réseau de télévision par câble NC Numéricâble (ex-CGV, Compagnie Générale de Vidéocommunication), racheté par le groupe CANAL+ où il est nommé successivement Directeur délégué auprès du président (1998), Secrétaire général (1998-99) puis Directeur général (1999-2002). De 2000 à 2002, il est parallèlement membre du comité exécutif de la maison-mère de Canal+, Vivendi Universal, dirigée alors par Jean-Marie Messier.

À l'automne 2002, Denis Olivennes quitte Canal+ avec une confortable indemnité de départ de 3,2 millions d'euros. Il intègre le groupe Pinault Printemps Redoute (PPR) où il est nommé Directeur général chargé de la distribution et des ressources transversales avant de devenir en 2003 Directeur général de la division loisirs et PDG de la Fédération Nationale d'Achat des Cadres (FNAC).

Il abandonne ce poste au printemps 2008 pour rejoindre à titre de Directeur général délégué, Directeur de la publication et Président du directoire Le Nouvel Observateur, magazine d'actualité générale fondé en 1964 par Jean Daniel et Claude Perdriel (actuel propriétaire et PDG), dirigé notamment par son ami Louis Dreyfus. Son passage au Nouvel Obs laisse quelques traces, notamment son interview complaisante de Nicolas Sarkozy en novembre 2009, ce d'autant plus qu'il est très ami de Carla Bruni-Sarkozy et de son influent entourage germanopratin néo-conservateur prétendument "de gauche".

Le 30 novembre 2010, il annonce officiellement son départ du Nouvel Observateur afin de prendre les rênes de la radio Europe 1 en place d'Alexandre Bompard (qui prend lui la tête de la Fnac auparavant dirigée par Denis Olivennes). Directement rattaché à Arnaud Lagardère, patron du groupe Lagardère Active qui détient Europe 1, il est également nommé "responsable opérationnel" de Paris Match, du Journal du Dimanche et de Newsweb, filiale Internet du groupe.

Côté convictions politiques, après avoir été trotskyste, puis socialiste (courant fabiusien — il a été l'une des "plumes" de Laurent Fabius — puis rocardien), Denis Olivennes a finalement opté pour le néo-libéralisme teinté de social-démocratie, version "sarkozyste de gauche". Ancien membre du réseau Socialisme et Université, fondé en 1975 par Laurent Joffrin (directeur du Nouvel Obs dans les années '90, actuel directeur de Libération) et regroupant les étudiants du CERES de Jean-Pierre Chevènement, de la Fondation Saint-Simon (think thank dissous en 1999 dont le but, aujourd'hui atteint, était de convertir la gauche française au libéralisme économique pur et dur) et du groupe des Gracques (hauts fonctionnaires de sensibilité socialo-centriste ayant appelé à une alliance avec l'UDF lors de l'élection présidentielle de 2007), il a approuvé l'invasion de l'Irak par les Etats-Unis en 2003 et a voté Oui au référendum de 2005 sur le Traité de Constitution Européenne.

Magistrat à la Cour des comptes, il a rédigé en 2007 pour le compte du gouvernement Sarkozy-Fillon un rapport consacré à l'offre culturelle et à la lutte contre le téléchargement illégal d'oeuvres numériques sur internet. Cette étude dite "Rapport Olivennes", préfiguration de la loi Hadopi défendue au Parlement par la ministre de la Culture de l'époque, Christine Albanel, a suscité de nombreuses critiques chez les internautes et les associations de consommateurs en raison de sa vision purement consumériste de la culture et de ses appels à la répression contre les "pirates". Nicolas Sarkozy lui propose un fauteuil de Secrétaire d'Etat au Développement de l'économie numérique, mais il décline l'offre.

Chevalier de l'ordre national du Mérite, Denis Olivennes est l'auteur de deux essais: L'impuissance publique (1994, avec l'économiste ultralibéral Nicolas Baverez) et La gratuité, c'est le vol: quand le piratage tue la culture (2007).

Copyright © Eric Frezel / La République des Lettres, Paris, lundi 17 décembre 2018. Droits réservés pour tous pays. Toute reproduction totale ou partielle de cet article sur quelque support que ce soit est interdite. Les citations brèves et les liens vers cette page sont autorisés.

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