Catherine Bréchignac

Catherine Bréchignac

La physicienne Catherine Bréchignac a été nommée présidente du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) lors du Conseil des ministres du 11 janvier 2006, sur proposition de François Goulard, ministre délégué à l'enseignement supérieur et à la recherche. Elle succède à ce poste au chimiste Bernard Meunier, qui a annoncé sa démission le 06 Janvier dernier en mettant en cause la masse de pesanteurs administratives excessives peu propres selon lui à répondre aux défis scientifiques qui attendent le CNRS dans les années à venir. En désaccord avec Bernard Larrouturou, Directeur Général de l'établissement public, il a ainsi souhaité se démettre de ses fonctions après seulement 3 mois d'activité (il a été nommé le 20 octobre 2004), afin notamment de "hâter la mise en place d'une gouvernance renouvelée".

Conséquence directe, Bernard Larrouturou a été limogé le 09 janvier. Ceci plus ou moins officiellement pour deux raisons. D'une part parce que le ministère a pris acte de la mésentente entre le Président démissionnaire et le DG qui empêchaient le bon fonctionnement de l'organisme de Recherche, d'autre parce que la nouvelle Présidente, faisant jouer les statuts du CNRS, souhaite être accompagnée dans sa tâche par un autre DG, Arnold Migus, ancien directeur de l'Institut d'optique et actuel directeur de l'Institut Lasers et Plasmas (IPL). Le gouvernement indique par ailleurs qu'il réécrira les statuts afin de fondre prochainement les deux postes de Président et de Directeur en un seul et unique de PDG. Officieusement, l'éviction de Bernard Larrouturou — lui-même nommé en juillet 2003 à la suite du limogeage de la directrice générale de l'époque, Geneviève Berger qui pestait un peu trop contre les coupes budgétaires opérées par le gouvernement Raffarin — est semble-t-il beaucoup plus politique. Son ambitieux programme de réforme et ses demandes de crédits pour réorganiser et faire évoluer le plus important organisme de recherche français (12.000 chercheurs, 14.000 ingénieurs et techniciens, 1.260 laboratoires de recherche, 2,37 milliards d'euros de budget pour 2006), un temps appuyées par les représentants du gouvernement au Conseil d'administration, n'ont plus le soutien des conseillers scientifiques du Président de la République. Plus précisément, l'équipe de Jacques Chirac ne voit pas d'un bon oeil l'engagement de ce polytechnicien de 47 ans, médiatique et politiquement incontrôlable, qui soutient indirectement — même si sa réforme est également en partie contestée — le mouvement Sauvons la Recherche (SLR) en lutte contre le projet de loi qui doit passer à la fin du mois devant le Parlement. A l'annonce de cette éviction, que Bernard Larrouturou a lui-même dénoncée comme un putsch, SLR et les membres de l'équipe de direction du CNRS ont publié un texte de solidarité, adressé sous forme de lettre publique à Jacques Chirac, dénonçant cette incohérence des pouvoirs publics et considèrant que leur travail de chercheurs est remis en cause par ce limogeage.

Copyright © Jean Bruno / La République des Lettres, Paris, jeudi 12 janvier 2006. Droits réservés pour tous pays. Toute reproduction totale ou partielle de cet article sur quelque support que ce soit est interdite. Les citations brèves et les liens vers cette page sont autorisés.

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