Philippe Meyer

Philippe Meyer

Écrivain, journaliste et producteur-animateur d'émissions de radio, Philippe Meyer est né le 25 décembre 1947 à Germersheim (Allemagne), dans une famille de la petite bourgeoisie. Son père, Jean Meyer, est Secrétaire général de la Chambre syndicale des constructeurs de navires. Lycéen à Versailles (Yvelines) puis étudiant en sociologie à l'Université de Paris-X Nanterre, il participe aux évènements de mai 68. En 1969 il décroche un poste de Chercheur au Centre de santé mentale du Pr Philippe Paumelle, l'un des précurseurs de la psychiatrie hors les murs. En 1973, il intègre le Groupe d'Études des Fonctions sociales où il dirige jusqu'en 1979 divers travaux de recherche, soutenant notamment en 1978 une thèse de Doctorat sur L'Enfant et la raison d'Etat rédigée sous la direction de Philippe Ariès.

Philippe Meyer bifurque ensuite vers le journalisme et les médias. De 1979 à 1986, il travaille comme journaliste-chroniqueur à L'Express. Parallèlement, il est nommé Directeur adjoint au Centre de Formation des Journalistes où il s'occupe pendant une année du programme "Journalistes en Europe". En 1982, il débute sur France Inter avec l'émission satirique Télescopages. De 1984 à 1986, il occupe le poste de Rédacteur en chef adjoint de la rubrique Culture de L'Express.

Touche à tout — politique, histoire, musique, théâtre, télévision, etc... — Philippe Meyer collabore ensuite à divers magazines de presse écrite dont notamment Le Point (éditorialiste de 1989 à 1991 et de 1994 à 2002) et L'Evènement du Jeudi (1991-94). Recruté par Ivan Levaï, il produit et/ou anime plusieurs émissions sur France Inter, où il assure en particulier de 1989 à 1999 la chronique quotidienne de 7h.45 et, depuis 2001, l'émission la Prochaine fois, je vous le chanterai. Il est également présent sur France Musique (Les Mardis de la musique de chambre, 1986-87), M6 (Revenez quand vous voulez, 1987-89), La Sept (Anicroches, 1990-91), Antenne 2 (portraits de l'émission L'heure de Vérité pendant quelques mois, ainsi qu'un film documentaire réalisé avec Frédéric Rossif sur la Shoah et le nazisme, De Nuremberg à Nuremberg, 1989) et France Culture (Le Grand débat, Allegro Serioso, L'Esprit public). Au théâtre, on le voit dans Causerie (Théâtre Mouffetard, 1997), Paris la Grande (Théâtre de la Ville, 2000), L'Endroit du coeur (Théâtre de la Ville, 2003) ou encore le Cabaret décousu (Studio théâtre de la Comédie française, 2009). Acteur, il joue dans Ça commence aujourd'hui de Bertrand Tavernier (1999) et L'Affaire Picpus de Jacques Fansten (2000).

Poursuivant sur sa voie d'éternel dilletante, Philippe Meyer se mêle aussi de politique. Depuis les années '90, il voit en François Bayrou un futur président de la République. En janvier 2008, il est désigné tête de liste du Modem pour les élections municipales dans le 5e arrondissement de Paris. Il obtient 14,3 % des voix au premier tour et 11% au second tour face à Jean Tibéri (45%) et Lyne Cohen-Solal (44%). L'année précédente, pendant la campagne présidentielle de 2007, à la suite de l'affaire Alain Duhamel provisoirement suspendu d'antenne pour avoir exprimé son choix politique personnel, il appelle ses confrères journalistes à déclarer publiquement pour qui ils votent, ceci afin de "mettre un terme à l'hypocrisie". Il se prononce lui-même en faveur de François Bayrou, ajoutant que ce choix ne l'empêchera toutefois pas "d'exercer son métier de journaliste de façon impartiale".

En novembre 2009, une polémique naît après sa décision de renvoyer le philosophe Yves Michaud de son émission L'Esprit Public sur France Culture. Yves Michaud, collaborateur régulier depuis 2003 de son émission, s'était en effet opposé au très réactionnaire Alain Finkielkraut sur l'affaire Polanski, estimant que celui-ci devait être jugé. Une prise de position et un crime de lèse-majesté qui a semble-t-il tellement irrité Philippe Meyer qu'il l'a remercié sans délai ni explications. D'une pierre deux coups, L'Esprit Public ne compte désormais plus que des néo-conservateurs type Denis Olivennes, Max Gallo et Jean-Louis Bourlanges, à la grande satisfaction des dirigeants sarkozystes de Radio-France.

Entre ses bavardages journalistiques et son engagement politique au centre droit, Philippe Meyer est ou a été en outre Auditeur à l'Institut des Hautes Études de Défense Nationale (IHEDN) (1977), Maître de conférence à l'Institut d'Études Politiques de Paris (où il enseigne depuis 1985 la sociologie des médias et l'histoire urbaine de Paris), Membre du Conseil scientifique du Centre National du Patrimoine (1998-2006), de la Commission du Vieux-Paris (1998-2008), du Conseil de l'Ordre des Arts et des Lettres (depuis 2003), du Conseil d'administration du Théâtre du Châtelet (2005-08), et du Conseil Franco-britannique (depuis 2007). Accessoirement, il préside enfin depuis 2007 une "Commission de terminologie et de néologie" du Ministère de la Culture. Côté distinctions et décorations, il est Officier de la Légion d'honneur, Commandeur des Arts et des Lettres, Chevalier de l'Ordre national du Mérite, des Palmes académiques et du Mérite agricole. Il a été honoré par le Prix Richelieu (1995), le Prix du Comité français pour l'audiovisuel pour son émission L'Esprit public (1998) et Laurier d'honneur de la radio (2004).

Parmi les nombreux récits, essais et recueils de chroniques de Philippe Meyer, citons entre autres L'Enfant et la raison d'Etat (ouvrage tiré de sa thèse, 1977), Le Communisme est-il soluble dans l'alcool (avec Antoine Meyer, 1978), Le Nouvel ordre gendarmique (avec Hubert Lafont et Paul Virilio, 1979), Justice en miettes (avec Hubert Lafont, 1980), Nous vivons une époque moderne (1991), Pointes sèches (1993), Les Progrès du progrès (1995), Paris la grande (1997), Eaux-fortes (1999), Chroniques matutinales (2000), Démolition avant travaux (2002), L'Avenir peut attendre (2004), Brusque chagrin (2005), Fonds d'écran (2006) et Un Parisien à travers Paris (2009).

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Monsieur Philippe Meyer nous a adressé par lettre recommandée, en date du 29 janvier 2010, une demande de Droit de réponse mentionnant quelques erreurs — corrigées le 02 février 2010 dans la mise à jour de cette notice biographique — ainsi que sa version de l'affaire Yves Michaud. Ce dernier y répond dans un courriel reproduit ci-dessous:

• DROIT DE RÉPONSE DE PHILIPPE MEYER:

      Vous indiquez que j'ai mis fin à la collaboration d'Yves Michaud à l'émission L'Esprit public que je produis à France Culture à la suite du débat entre Michaud et Alain Finkielkraut sur "l'affaire Polanski" à l'antenne de France Inter. Ma décision est antérieure à ce débat avec lequel elle n'a donc aucun rapport, pas plus d'ailleurs qu'avec les positions d'Yves Michaud sur la situation de Roman Polanski.

      Philippe Meyer [29 janvier 2010]

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• RÉPONSE DE YVES MICHAUD:

      Je ne sais pas quand monsieur Meyer a pris sa décision de me congédier, puisqu'il dit maintenant qu'elle était prise depuis longtemps; toujours est-il qu'il me l'a signifiée par mail sans me donner la moindre raison le 7 octobre 2009. N'ayant toujours pas reçu à ce jour la moindre explication (la date plus ou moins reculée de la décision n'en fait pas une raison), j'en suis encore aujourd'hui réduit à raisonner à partir de la séquence des faits, qui est ce qu'elle est: le 4 octobre, je critique vertement Polanski en percevant le net agacement de monsieur Meyer lors de l'émission qui, ce jour là, a lieu en direct, et le 7 je suis congédié.

Je suppose que si j'avais été un tel fardeau, il eût pu être mis fin à ma présence un peu plus tôt. J'aurais même compris des arguments en termes de besoin de renouvellement, pour peu qu'ils eussent été formulés. Le directeur de France Culture m'a au demeurant téléphoné pour me présenter ses excuses. N'ayant pas l'esprit procédurier, je n'ai pas intenté l'action que j'aurais pu contre France Culture après plus de 220 participations régulières.

Je ne peux donc que constater le manque d'égards, d'humanité et tout bêtement de politesse à mon endroit d'un homme qui se drape par ailleurs avec superbe dans la culture et l'humanisme et qui en a été récompensé à juste titre par une brochette de décorations où les mérites agricole, académique, artistique et littéraire le disputent au mérite et à l'honneur tout court.

      Yves Michaud [02 juin 2010]

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