Françoise de Panafieu

Françoise de Panafieu

Françoise de Panafieu, de son nom de jeune fille Françoise Marie-Thérèse Missoffe, est née le 12 décembre 1948 à Moyeuvre-Grande (Moselle). Elle est la fille de François Missoffe (1919-2003), ancien ministre de la Jeunesse et des Sports de Georges Pompidou, et de Hélène de Mitry, comtesse de la dynastie des de Wendel, devenue Secrétaire d'Etat à la Santé dans le gouvernement de Raymond Barre, qui aura huit enfants au total. Elle est également la nièce de Jean-François Poncet, ancien ministre de Raymond Barre, et cousine du baron Ernest-Antoine Seillière de Laborde, ex-numéro 1 du MEDEF et président du fond d'investissement Wendel. Elle a épousé en 1970 Guy de Panafieu, inspecteur des finances, ancien vice-président du groupe Suez Lyonnaise des eaux aujourd'hui principal dirigeant de la banque d'affaires CaLyon, avec qui elle a eu quatre enfants.

Françoise de Panafieu a suivi des études au très catholique Institut de la Tour avant de décrocher une Licence en Sociologie et un diplÙme de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris. Elle commence sa vie professionnelle en travaillant d'abord de 1970 à 1973 comme cadre dans une société de recrutement de personnel. Gagnée par le virus familial pour la politique, elle devient en 1974 assistante parlementaire de son père François Missoffe, alors député gaulliste du 17e arrondissement de Paris. En 1979, elle est élue conseillère (RPR) du 17e arrondissement de Paris et est nommée adjointe chargée des questions périscolaires auprès du maire de Paris, Jacques Chirac. Elle conservera cette fonction jusqu'en 1983, date à laquelle elle deviendra conseillère municipale du 16e arrondissement et adjointe en charge de la Culture à la Mairie de Paris (fonction qu'elle conservera jusqu'en 1995). En 1986 elle est élue députée RPR du 18e arrondissement de Paris (en remplacement d'Alain Juppé alors nommé ministre de l'…conomie dans le gouvernement Chirac) puis réélue de 1988 à 1993 dans le 17e arrondissement.

En juin 1995, Françoise de Panafieu est nommée ministre du Tourisme dans la fournée des "jupettes" du gouvernement d'Alain Juppé, mais elle sera remerciée dès le remaniement du mois de novembre suivant. Elle reprend sa carrière politique à la Mairie de Paris, d'abord comme Conseillère municipale, puis à partir de 1997 comme députée de la 17e circonscription (à cheval sur le 17e et le 18e arrondissement) après avoir été pendant quelques mois déléguée de la France auprès de l'UNESCO. De 1995 à 2001 elle est membre du Conseil général de Paris et occupe la fonction d'adjointe chargée des parcs et jardins auprès de Jean Tiberi, qui retirera sa délégation à l'ambitieuse lorsqu'elle décide de se présenter contre lui pour le fauteuil de maire. Après un cafouillage, Jean Tiberi est finalement désigné pour perdre l'élection face au socialiste Bertrand Delanoë. La candidature éphémère de Françoise de Panafieu à la mairie de Paris lui vaudra à cette époque le surnom de "pintade à roulettes" à la suite d'un reportage photo où elle s'affichait un peu trop ostensiblement sur des rollers.

Membre du bureau politique du RPR à partir de 1998, Françoise de Panafieu devient Secrétaire générale adjointe du parti de 2001 à 2002, chargée des relations internationales. Elle est réélue députée de la seizième circonscription (17e arrondissement, 160.000 habitants environ) en 2002 et de nouveau réélue, mais sous les couleurs UMP, en 2007. A l'Assemblée Nationale, Françoise de Panafieu est notamment vice-présidente du groupe UMP, membre de la commission des affaires culturelles, membre de la délégation aux droits des femmes et membre de la délégation auprès de l'Unesco. Depuis mars 2001, elle est maire UMP du 17e arrondissement de Paris.

Membre de la direction nationale de l'UMP en charge des questions de société, présidente du groupe UMP au Conseil de Paris et plus ou moins soutenue par Nicolas Sarkozy, Françoise de Panafieu est désignée en 2006 candidate officielle de ce parti pour les élections municipales de mars 2008. Elle défend pour Paris les valeurs néoconservatrices de la droite sarkozyste décomplexée (travail, sécurité, famille, développement économique libéral, etc) et se revendique "féministe" mais reste sur le fond très attachée aux traditions familiales chrétiennes de la haute bourgeoisie de ses origines. Elle s'est notamment prononcée contre la loi sur la parité, contre la pilule du lendemain, contre l'allongement du délai de l'IVG et contre l'instauration du Pacs. A titre d'adjointe à la Culture de la Ville de Paris, elle s'est également illustrée en purgeant les bibliothèques municipales de tous les ouvrages "contraires aux bonnes moeurs" et en se prononçant pour la réouverture des maisons closes "afin d'éloigner ce trafic des lieux publics". Dans le mÍme registre, elle a attaqué Bertrand Delanoë pour son "prosélytisme" en matière d'homosexualité, estimant que "Lorsqu'on est maire de Paris, on n'a pas sa place à la tÍte de la Gay Pride". Une association, Paris en vie, et deux sites internet PlacePanafieu et Panaf TV, ont été lancés récemment pour soutenir sa candidature face au maire sortant. Son comité de soutien comprend entre autres Alexandre Jardin, Faudel, Véronique Genest, Jean-Jacques Aillagon et Thierry Breton.

Françoise de Panafieu est l'auteur de deux livres politiques de campagne électorale: Ne jetez pas la démocratie avec l'eau du bain (2001) et Mon Paris gagnant (2006) et co-auteur avec les pasteurs protestants Daniel Lestringant et Alain Houziaux de l'essai La solitude, pourquoi ? (2006).

Copyright © Hortense Paillard / La République des Lettres, Paris, samedi 17 novembre 2018. Droits réservés pour tous pays. Toute reproduction totale ou partielle de cet article sur quelque support que ce soit est interdite. Les citations brèves et les liens vers cette page sont autorisés.

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