Wangari Maathai

Wangari Maathai

Wangari Maathai, connue aussi sous le nom de Wangari Muta Maathai, est née le 1er avril 1940 à Nyeri (Nord du Kenya), au sein d'une famille paysanne de l'ethnie Kikuyu.

Elle a la chance de bénéficier d'un enseignement scolaire dans sa prime jeunesse, d'abord à l'école primaire de Ihithe, puis au Couvent Loreto, un collège pour filles de Limuru. Elève brillante, elle obtient alors la Bourse d'étude J.F. Kennedy, octroyée par l'administration américaine, qui lui permet de suivre les cours du Mount St Scholastica College d'Atchison (Kansas, Etats-Unis) où elle décroche en 1964 un bac de biologie.

Wangari Maathai fait ensuite des études de sciences biologiques et de médecine vétérinaire aux Universités de Pittsburgh (Etats-Unis), de Munich (Allemagne) et de Nairobi (Kenya), où elle obtient en 1971 un doctorat en biologie tout en travaillant comme assistante de recherche auprès du professeur R. R. Hofmann. Elle enseigne ensuite l'anatomie animale et la médecine vétérinaire à l'Institut universitaire de Nairobi et y occupe bientôt une chaire au département de biologie vétérinaire.

En 1977, Wangari Maathai abandonne sa carrière universitaire pour fonder le plus grand projet de reboisement d'Afrique, The Green Belt Movement (GMB, Mouvement de la Ceinture verte). Très engagée dans la lutte féministe — elle deviendra plus tard l'une des dirigeantes du National Council of Women of Kenya où elle milite depuis 1976 — elle fait planter, grâce à la collaboration de nombreuses kenyanes, plus de quarante millions d'arbres sur le continent africain. Son projet qui a pour objectif de prévenir la déforestation et l'érosion des sols, facteurs de sécheresse et de pauvreté, permet aux femmes de travailler et d'acquérir ainsi plus d'autonomie. Plus de 4.000 pépinières ont ainsi été crées au Kenya, fournissant du travail à près de 100.000 personnes, pour la plupart des femmes rurales.

The Green Belt Movement, via le Panafrican Green Belt Network, s'est par la suite développé avec succès dans plusieurs autres pays comme la Tanzanie, l'Ouganda, l'Ethiopie, le Zimbabwe ou encore le Lesotho. Il met également en place des services de planning familial, de nutrition et d'information visant à améliorer le statut de la femme noire africaine. L'activisme de Wangari Muta Maathai aussi bien dans le domaine de l'Environnement que dans celui des Droits des femmes lui vaut depuis cette période le surnom affectueux de Tree woman (La femme-arbre).

Après avoir été pendant sept ans directrice de la Croix-Rouge kenyane, s'être marié, avoir donné naissance à trois enfants puis divorcé (son mari obtient le divorce avec l'argument qu'elle est "trop éduquée, trop forte, trop couronnée de succès, trop obstinée et trop difficile à contrôler"), elle poursuit activement pendant les années '80 et '90 son combat altermondialiste, écologiste et féministe. Ardente avocate des Droits de l'Homme, elle s'oppose au gouvernement de Daniel Arap Moi dont elle dénonce la corruption et les dérives autoritaires, ce qui lui vaut d'être harcelée, calomniée et emprisonnée à plusieurs reprises, notamment en 1991 où elle n'est libérée sous caution que sous la pression d'Amnesty International.

Membre fondatrice du Forum for the Restoration of Democracy, elle se fait le porte-voix des prisonniers politiques kenyans. Commençant à être connue au niveau international, elle siège dans plusieurs organisations: Jane Goodall Institute, Women and Environment Development Organization, Green Cross International, etc, et joue un rôle important dans plusieurs conférences des Nations Unies comme celle du Sommet de la Terre. Elle reçoit aussi de nombreux prix et distinctions: Femme de l'année (1983), Right Livelihood Award (Prix Nobel alternatif, 1984), Prix Windstar pour l'Environnement (1988), Prix Goldman pour l'Environnement (1991), Prix Afrique (1991), Global 500 Award pour l'Environnement des Nations Unies, Golden Ark Award (1994),...

En 1997, alors que les élections multipartites sont marquées par des violences ethniques, Wangari Maathai se propose d'être candidate à la présidence du Kenya mais son propre parti, le Liberal Party of Kenya (LPK), l'en empêche et elle ne parvient pas même à décrocher un siège d'élue au parlement.

En 2002, elle est invitée comme professeure au Global Institute of Sustainable Forestry de l'Université Yale (Etats-Unis). En décembre de la même année, suite à la victoire aux élections présidentielle de la Coalition Arc-en-Ciel (NARC) qui porte au pouvoir le démocrate Mwai Kibaki, elle est élue député écologiste du premier Parlement démocratique kenyan. L'année suivante, elle est nommée ministre-adjoint à l'Environnement, aux Ressources naturelles et à la Faune sauvage.

En 2004, Wangari Muta Maathai devient la première femme noire africaine à recevoir le Prix Nobel de la Paix. Le Comité Nobel la distingue pour "sa contribution en faveur du développement durable, de la démocratie et de la paix" et "Son approche holistique du développement durable [qui] embrasse la démocratie, les droits de l'Homme en général et les droits des femmes en particulier".

Membre du Conseil consultatif pour les questions de désarmement auprès du Secrétaire général des Nations Unies et membre honoraire du Club de Rome, elle est également faite Chevalier de la Légion d'honneur en 2006 le président français Jacques Chirac.

Parmi ses principaux livres publiés citons notamment: The Canopy of Hope: My Life Campaigning for Africa, Women, and the Environment (2002), The Green Belt Movement: Sharing the Approach and the Experience (2003), Unbowed: A memoir (2006), et en français Pour l'amour des arbres (préface de Nicolas Hulot, 2005). Son autobiographie, intitulée Celle qui plante les arbres (Prix des Lectrices de Elle 2008), est publiée en France aux éditions Héloïse d'Ormesson.

Wangari Maathai est morte à Nairobi des suites d'un cancer le 25 septembre 2011, à l'âge de 71 ans.