Adolf Hitler

Adolf Hitler

Adolf Hitler (1889-1945) est très présent dans l'actualité éditoriale française de ce début d'année. Pas moins de sept nouveaux ouvrages — romans, documents historiques et enquêtes journalistiques — sortent actuellement en librairie. Trois sont consacrés directement au dictateur nazi et quatre à son entourage et à ses proches.

    La Nièce de Hitler (éditions Buchet-Chastel) est un roman traduit de l'écrivain américain Ron Hansen. Il s'inspire de la relation qu'entretint le führer avec Angelika Maria Raubal (1908-1931), dite Geli, la fille de sa demi-soeur Angela. Le romancier entre dans l'intimité du führer en retraçant l'histoire de cette relation amoureuse et sexuelle perverse depuis ses débuts dans les années '20, lorsque l'oncle Alf offre toît et éducation à sa nièce, jusqu'à la mort mystérieuse de Geli en 1931, à l'âge de 23 ans, officiellement suicidée mais probablement plutôt assassinée des mains mêmes du dictateur lorsqu'il a compris qu'elle voulait le quitter.

    Rochus Misch publie aux éditions du Cherche-Midi J'étais le garde du corps d'Hitler (1940-1945). Il s'agit du témoignage du sergent SS affecté avec une vingtaine d'autres soldats à la protection d'Hitler et installé dans les appartements privés de la Chancellerie. Il passa cinq années, âgé de 22 à 27 ans, auprès du dictateur, le suivant dans tous ses déplacements et veillant sur lui nuit et jour jusqu'à son suicide, le 30 avril 1945, dans le bunker de Berlin où il s'était réfugié avec ses derniers fidèles. Ultime survivant de la garde rapprochée d'Hitler, c'est lui qui découvrit son corps et celui de sa maîtresse Eva Braun quelques minutes après leur suicide. C'est également à lui que s'est adressé Joseph Goebbels, ministre de la propagande du régime, cinq minutes avant de se suicider le même jour dans le même lieu. Il quitte le bunker le lendemain mais est capturé par les troupes soviétiques à une station de métro. Il passa neuf ans emprisonné dans les camps de Sibérie avant de revenir à Berlin. Rochus Misch, fervent catholique, ne regrette rien et garde aujourd'hui encore du respect et de l'admiration pour son ancien chef.

    Le journaliste britannique David Gardner raconte dans Le dernier des Hitler (Patrick Robin Editions) l'étonnante histoire de William Patrick Hitler, né à Liverpool en 1911, qui chercha à faire carrière sous le Troisième Reich avant de s'exiler aux Etats-Unis à la fin de la seconde Guerre mondiale, protégé par le FBI. Son père, Alois Hitler junior, était le demi-frère d'Adolf, né 7 ans avant lui. Au-delà de l'histoire du personnage, le livre d'enquête de David Gardner apporte quelques révélations sur la famille et la vie d'Adolf Hitler avant 1914, notamment sur une période de 5 mois en 1912, restée très obscure pour les historiens. William Patrick Hitler eût 3 fils aux Etats-Unis qui ont aujourd'hui une cinquantaine d'années. les trois hommes ont changé de nom et ont fait le serment de ne pas avoir d'enfants afin d'éteindre définitivement la lignée des Hitler.

    Sur un sujet proche, Daniel-Charles Luytens publie également Les fils cachés d'Adolf Hitler chez l'éditeur belge Jourdan Le Clercq.

    Benoît Lemay, spécialiste des relations internationales au XXe siècle, consacre une biographie intitulée Erich von Manstein: le stratège de Hitler (éditions Perrin) au général de la Wehrmacht Erich von Manstein. Celui-ci connût une carrière brillante au sein de l'état-major de l'armée allemande juqu'à accéder au titre de feld-maréchal et obtenir la confiance personnelle du führer qui appréciait son patriotisme indéfectible. Il orienta la stratégie militaire allemande pendant la guerre avant d'être écarté du pouvoir en 1944.

    Un Dossier Hitler, établi sous la direction des historiens allemands Henrik Eberle et Matthias Uhl (éditions Presses de la Cité) présente quant à lui le dossier ultrasecret commandé par Staline sur Hitler. Ce document, riche de détails et d'informations inédites tant sur le dictateur que sur le régime hitlérien, a été découvert il y a seulement deux ans dans les archives du régime soviétique et explique une partie de la politique menée par Staline.

    Enfin, les compromissions, les mondanités et autres "courtisaneries" de la haute société allemande en général sont mises en lumière dans La vie mondaine sous le nazisme (éditions Perrin) de Fabrice d'Almeida, actuel directeur de l'Institut d'Histoire du Temps Présent. Une complicité, très mondaine, très corrompue et très servile, des élites aristocratiques du pays lors de l'accession au pouvoir d'Hitler et dont les protagonistes, diplomates, industriels ou actrices à la mode de l'époque n'ont pas tous sombré avec la chute du IIIème Reich.