Najib Mikati
Najib Mikati

Nouveau premier Ministre du Liban, Najib Mikati est né à Tripoli (Liban Nord) le 24 novembre 1955.

De 1980 à 1989, il suit des études de gestion des entreprises à l'Université Américaine de Beyrouth (AUB, Liban), puis à l'Institut Européen d'Administration des Affaires (INSEAD, Fontainebleau, France) et enfin à Harvard University (Etats-Unis).

Parallèlement à ses études, il se lance dans les affaires. Dès 1982, en pleine guerre civile libanaise, il fonde avec son frère Taha Mikati une première entreprise, M1 Group, puis une seconde, Investcom. Cette dernière prospèrera rapidement sur les marchés télécoms émergents d'Afrique sub-Saharienne et du Moyen-Orient. Côtée aux bourses de Londres et de Dubaï, elle est rachetée en 2006 pour 5,5 milliards de dollars par l'opérateur sud-africain de télécommunications MTN. Le groupe des frères Mikati deviendra par la même occasion actionnaire à hauteur de 10% de MTN. Outre la téléphonie et l'internet, le holding possède d'importantes participations dans l'immobilier, le transport aérien, la banque, le gaz, le pétrole, et même la mode avec Façonnable, une marque française de prêt-à-porter haut de gamme. Cette opération propulse Najib Mikati parmi les hommes les plus riches du Liban et les trente premiers milliardaires arabes de la planète.

En 1998, Najib Mikati débute sa carrière politique comme ministre des Transports et des Travaux publics, poste qu'il occupera dans trois gouvernements consécutifs jusqu'en 2004. En 1999, il prend publiquement position contre Israël après un bombardement de Tsahal et souligne que son gouvernement soutiendra la résistance du Hezbollah contre l'occupation du Sud Liban. En 2000, il est élu député de sa ville natale de Tripoli. En avril 2005, le président Emile Lahoud le choisit pour succèder au Premier Ministre pro-syrien Rafic Hariri — assassiné à Beyrouth en février 2005 — après un bref passage de Omar Karamé à la tête du gouvernement. Il suit alors de près le retrait des troupes syriennes du Liban après 29 années de présence militaire, ainsi que les enquêtes sur l'assassinat de Hariri, dont il était proche, et organise les élections législatives de mai 2005. La victoire de "l'Alliance du 14 mars" (coalition politique antisyrienne et pro-Hariri) l'oblige à céder à Fouad Siniora le fauteuil de Premier Ministre qu'il a occupé pendant à peine trois mois.

Parallèlement à ses affaires — il est à la tête d'un véritable petit empire international employant plus d'un millier de personnes — et sa carrière politique — il est réélu député du Liban Nord en 2009 --, Najib Mikati s'engage dans divers think-tanks internationaux et organisations de bienfaisance. Il devient ainsi membre des conseils d'administration ou consultatifs de l'Université Américaine de Beyrouth, de l'École Harris (Université de Chicago), de l'International Crisis Group, du Middle East Forum ou encore du Pacte de Beyrouth.

Après la chute du gouvernement de Saad Hariri (fils de Rafic Hariri) provoquée par la démission des ministres du Hezbollah — le puissant mouvement chiite armé qui incarne au Liban la Résistance contre Israël --, Najib Mikati est proposé comme candidat par "l'Alliance du 8 Mars" (Le Hezbollah et ses alliés prosyriens). Il obtient la majorité au Parlement avec 68 députés sur 128, ralliant ceux du Hezbollah d'Hassan Nasrallah, mais aussi ceux de l'autre parti chiite libanais, Amal, dirigé par Nabih Berri, des chrétiens fidèles à Michel Aoun et des Druzes de Walid Joumblatt. Le président Michel Sleimane le nomme Premier Ministre le 25 janvier 2011, à la grande fureur des partisans de Saad Hariri qui renâcle à reconnaître sa défaite.

Musulman sunnite et ami personnel du président syrien Bachar el-Assad, considéré comme compétent et modéré par les puissances régionales comme l'Arabie saoudite — mais regardé avec méfiance par les Etats-Unis et la France du très pro-israélien Nicolas Sarkozy en raison de sa proximité avec le Hezbollah (donc avec l'Iran de Mahmoud Ahmadinejad honni par Israël) — Najib Mikati devra s'atteler, une fois son gouvernement formé, à la lourde tâche de gérer la crise née du bras de fer autour du Tribunal Spécial pour le Liban (TSL). Le Hezbollah exige la fin de toute coopération avec cette étrange instance de l'ONU qui enquête sur l'assasinat de Rafic Hariri et qu'il accuse d'avoir été mise en place par Israël et les États-Unis dans le but de mettre en cause le mouvement chiite.

"Je ne suis pas du tout lié au Hezbollah, [...], je serai le symbole de la modération et de l'unité nationale", affirme Najib Mikati, qui se définit lui-même comme "un homme de consensus" et affiche la volonté de travailler avec toutes les composantes de la vie politique libanaise. "Mon objectif est l'intérêt du Liban, la sécurité internationale du Liban et l'entretien de bonnes relations avec la communauté internationale", déclare-t-il à la presse après sa nomination.

Côté vie privé, Najib Mikati a épousé May, une professeur d'anglais enseignant actuellement à l'AUB. Il est père de trois enfants. Sa fortune personnelle est estimée à quelque 2,5 milliards de dollars.