Yukiya Amano

Yukiya Amano

Le diplomate japonais Yukiya Amano s'installe aujourd'hui à la tête de l'Agence Internationale de l'Énergie Atomique (AIEA). Mandaté pour quatre ans, il succède à l'Egyptien Mohamed El Baradei, Prix Nobel de la Paix 2005, qui a dirigé l'agence des Nations Unies pendant douze ans.

Yukiya Amano est un expert du désarmement international et de la lutte contre la prolifération nucléaire. Né au Japon en 1947, soit deux ans après après le bombardement atomique d'Hiroshima et de Nagasaki par les Etats-Unis, il a suivi des études de droit puis a travaillé au ministère des Affaires étrangères japonais où il a notamment occupé les postes de Directeur du département Énergie nucléaire, Directeur des affaires scientifiques et Ambassadeur du Japon auprès de l'AIEA. Dans le cadre de ses fonctions, il participe depuis une quinzaine d'années à toutes les négociations du Traité de Non-prolifération des armes nucléaires (TNP), signé par la quasi totalité de la planète, y compris l'Iran, mais pas par Israël, l'Inde, le Pakistan et la Corée du Nord, qui ont développé clandestinement et en toute impunité des programmes militaires nucléaires.

Sans grand charisme, Yukiya Amano présente un profil de technocrate lisse et réservé, à l'opposé de son prédécesseur qui n'hésitait pas à s'opposer aux diktats et aux désinformations des grandes puissances occidentales, en particulier dans la guerre américaine contre l'Irak et dans la crise du nucléaire iranien. Candidat des occidentaux difficilement élu en juillet dernier à la tête de l'AIEA, après quatre tours de scrutin et avec le minimum de voix requis, le nouveau directeur général de l'AIEA est lui considéré comme la marionnette d'Israël, des Etats-Unis et de la France (où il a suivi une partie de ses études et a dirigé pendant deux ans le Consulat du Japon à Marseille), les trois pays actuellement les plus opposés au programme nucléaire iranien. Ces derniers n'auront sans doute aucune difficulté à lui faire jouer le rôle plus politique que technique qu'ils attendent de lui, notamment sur les dossiers chauds de la Syrie, de la Corée du Nord et surtout de l'Iran, qui ne veut pas céder sur son droit de se doter d'une industrie nucléaire. "En tant que Japonais, je ferai de mon mieux pour prévenir la propagation des armes nucléaires", a-t-il déclaré lors de son élection.