Hillary Clinton

Hillary Clinton

Hillary Clinton — Hillary Diane Rodham Clinton pour l'état civil — est née le 26 octobre 1947 à Chicago (Illinois, Etats-Unis). Aînée d'une famille bourgeoise qui compte trois enfants et vote républicain, elle passe son enfance à Park Ridge, dans la proche banlieue de Chicago. Au lycée, la jeune Hillary Clinton est bonne élève. Elle s'implique dans la vie sportive de l'établissement et représente ses camarades aux conseils de classe. Protestante — plus précisément méthodiste — pratiquante, elle fréquente assiduement l'église locale. C'est son pasteur méthodiste qui l'éveille à la politique en 1962 en lui faisant prendre conscience du mouvement des droits civiques. Deux ans plus tard, pendant la campagne présidentielle de 1964, elle milite pour l'élection du sénateur républicain Barry Goldwater.

En 1965, Hillary Clinton entre à l'Université féminine de Wellesley, près de Boston. De plus en plus opposée à la guerre du Vietnam, elle change progressivement d'opinion politique et abandonne définitivement le parti républicain en 1969, lors de l'élection de Richard Nixon à la Maison Blanche. La même année, elle intègre la faculté de Droit de la prestigieuse Yale University où elle consacre une thèse au sociologue américain Saul Alinsky et collabore à la Yale Law Review. Elle y rencontre William Jefferson Clinton, plus connu aujourd'hui sous le nom de Bill Clinton, comme elle étudiant en droit et jeune militant engagé dans le mouvement social.

A sa sortie de l'université, Hillary Clinton entame une brillante carrière d'avocate. Après un stage au cabinet d'avocats Walker-Treuhaft & Burnstein, célèbre pour avoir défendu les Black Panthers, elle s'occupe de diverses affaires pour la défense des enfants et des femmes, la procédure de destitution du président Richard Nixon (à la suite de l'affaire du Watergate) ou encore la défense des intérêts de quelques grandes firmes américaines comme entre autres la chaîne de supermarchés Wal-Mart (elle occupera en outre un siège au conseil d'administration de cette compagnie).

En 1972, elle suit Bill Clinton à Little Rock (Arkansas) et l'épouse en 1975 avant de lui donner une fille, Chelsea, en 1980. Bill Clinton est élu Gouverneur de l'Arkansas en 1978. Hillary Clinton intègre pour sa part la Rose Law Firm de Little Rock et enseigne le Droit à l'Université. Épouse modèle du gouverneur, elle s'investit dans divers comités (Arkansas Educational Standards Committee, Arkansas Children's Hospital, Children's Defense Fund, etc). Le Président démocrate Jimmy Carter la nomme en 1978 membre de la Legal Services Corporation, une agence fédérale oeuvrant à la défense des droits civils américains.

Hillary Clinton devient première dame des Etats-Unis lors de l'élection présidentielle de 1992. Elle le restera jusqu'à l'arrivée de George W. Bush en 2000, travaillant à titre de conseillère de la Maison Blanche sur plusieurs dossiers sociaux, dont notamment un projet de réforme du système de santé qui sera finalement abandonné en 1994. À partir de la fin des années '90, elle tient dans la presse une rubrique intitulée Talking It Over (Parlons-en) consacrée à ses activités de Première dame. Elle fait l'objet de diverses polémiques et même d'enquêtes judiciaires, notamment lors du scandale Whitewater où elle est accusée de délit d'initié et d'enrichissement personnel suite à des spéculations immobilières. Elle acquiert une stature internationale mais reste toutefois encore dans l'ombre de son mari. Femme trompée et humiliée mais digne, elle le soutient activement lorsqu'éclate l'affaire Monica Lewinsky en 1998.

Hillary Clinton entame véritablement sa carrière politique personnelle après son départ de la Maison Blanche. À la manière d'une Ségolène Royal en France, elle s'émancipe et se lance à fond dans l'arène politique, ne cachant plus ses ambitions. Elle est élue sénatrice démocrate de New York avec 56% des suffrages en novembre 2000 puis réélue avec plus de 68% des voix en novembre 2006. Elle se place au centre gauche de l'échiquier politique américain mais rejoint les néo-conservateurs sur plusieurs points. Elle soutient les guerres lancées par George W. Bush en Afghanistan et en Irak, défend la peine de mort, souhaite limiter l'immigration clandestine et milite même au sein du groupe chrétien traditionaliste The Family, dirigé par Douglas Coe, un conservateur notoirement réactionnaire et anti-avortement. Grande amie d'Israël, elle soutient également inconditionnellement la politique d'appartheid menée par l'Etat juif contre les Palestiniens.

En janvier 2007, Hillary Clinton annonce officiellement sa candidature à l'investiture du parti démocrate pour la présidentielle américaine de 2008. Quelques mois plus tard le magazine Forbes la classe 18e femme la plus puissante au monde et le Time la place 4e sur sa liste des cent personnes les plus influentes au monde. Lors des primaires, elle mène campagne contre Barack Obama. Elle l'accuse de gauchisme et d'inexpérience et prononce un discours va-t-en-guerre où elle menace "d'anéantir" l'Iran en cas d'attaque contre Israël si elle est élue présidente des Etats-Unis. Pour conquérir les voix de l'Amérique profonde, elle va même jusqu'à se prononcer contre l'IVG et pour la peine de mort. Mais, malgré la puissance de ses réseaux et le montant de son trésor de campagne, elle subit de nombreuses défaites et se rallie finalement à son rival démocrate en juin 2008 après sans doute quelques négociations en coulisse portant notamment sur un siège dans la future addministration Obama et le remboursement de ses dettes de campagne.

En décembre 2008, Barack Obama, fraîchement élu à la Maison blanche, annonce qu'elle succèdera à Condoleezza Rice au prestigieux poste de Secrétaire d'Etat des Etats-Unis (l'équivalent de Ministre des Affaires étrangères). Sa nomination est validée par le Sénat américain lors de l'investiture du nouveau président, le 21 janvier 2009. Dès son arrivée officielle au Département d'Etat elle déclare que "l'Amérique entre dans une nouvelle ère" et promet de mettre en place "une diplomatie forte". Elle annonce la nomination de deux émissaires diplomatiques: George Mitchell, pour le Proche-Orient, et Richard Holbrooke pour l'Afghanistan et le Pakistan.

S'adaptant de plus ou moins mauvaise grâce à la politique de la main tendue de Barack Obama, elle s'investit à fond dans son rôle, voyage beaucoup (tournées en Asie, en Europe, en Russie,...) et multiplie les démonstrations d'amitié avec les chefs d'Etat de la planète. Maniant avec une certaine dextérité le bâton et la carotte, elle gère jusqu'à présent sans trop de faux pas les lourds dossiers que sont les guerres en Irak et en Afghanistan. Malheureusement, sur les deux dossiers les plus complexes du Proche et Moyen-Orient — le conflit israélo-palestinien et le nucléaire iranien — on peut d'ores et déjà considérer qu'elle a trébuché en soutenant sans réserves les désastreuses positions de l'extrême-droite colonialiste et va-t-en-guerre actuellement au pouvoir en Israël.

Hillary Clinton est l'auteur de plusieurs livres, dont notamment (en français) Il faut tout un village pour élever un enfant (1996), Mon histoire (Autobiographie, 2003) et Civiliser la démocratie (2008).