Israël / Gaza

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Après Amnesty International, la commission d'enquête du Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU, dirigée par le juge sud-africain Richard Goldstone, accuse elle aussi Israël de crimes de guerre commis pendant son offensive contre la Bande de Gaza l'hiver dernier. Un rapport accablant de 580 pages, rendu public hier, acccuse clairement l'armée israélienne d'avoir fait un "usage disproportionné de la force" et d'avoir commis "des actes assimilables à des crimes de guerre, et peut-être, dans certaines circonstances, à des crimes contre l'humanité".

Le rapport de l'ONU relève notamment que pendant cette offensive qui a duré trois semaines, du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009, et a fait plus de 1.400 morts palestiniens la plupart civils (dont 313 enfants et 116 femmes), l'armée israélienne a "visé la population de Gaza dans son ensemble, en application d'une politique globale visant à la punir". Toujours selon le rapport, elle a délibéremment violé le droit humanitaire international "en ne s'entourant pas des précautions nécessaires pour limiter les pertes en vies humaines et les blessures occasionnées aux civils". Parmi les faits établis, la commission d'enquête évoque en particulier les bombardements "intentionnels" au phosphore blanc sur les hôpitaux Al-Qods et Al-Wafa ainsi que sur sur une école des Nations Unies. Il y a eu également "de nombreux cas d'attaques délibérées contre des civils ou des édifices civils (individus, familles, maisons, mosquées) avec pour résultat des morts et des blessures graves" ainsi que "des attaques lancées avec l'intention délibérée de répandre la terreur parmi la population". Enfin, "les forces israéliennes ont utilisé des habitants palestiniens comme boucliers humains" et ont mené "des interrogatoires de civils palestiniens sous menace de morts et de blessures, en violation de la 4e Convention de Genève".

Sans surprise, l'Etat juif — qui a refusé de coopérer avec l'ONU et rejette l'idée d'ouvrir une enquête indépendante sur l'action de son armée — s'indigne de se voir traité sur le même plan que le Hamas. Il juge le rapport Goldstone — dont il promet de "bloquer les effets nocifs et pervers" sur la scène internationale — "partial", "nauséabond", et accuse même Richard Goldstone, qui est juif, d'être antisémite.

Le mouvement islamiste Hamas, mis lui aussi en cause pour ses tirs de roquettes sur le sud d'Israël, dénonce de son côté un rapport qui met sur le même plan les agresseurs et les résistants. Il appelle la communauté internationale à traduire les dirigeants israéliens comme criminels de guerre devant la Cour Pénale Internationale.