Salam Fayyad

Salam Fayyad

Dans un entretien publié mardi 25 août par le Times, Salam Fayyad se déclare prêt à mettre en place un Etat palestinien de facto. Le Premier ministre de l'Autorité palestinienne estime que "après 16 années" [de vaines négociations de paix avec Israël] il est temps de changer de changer de discours et de s'atteler à l'édification d'un "Etat libre, démocratique et stable" afin de mettre Israël devant le fait accompli.

Tout en rappellant que la colonisation de la Cisjordanie par Israël est considérée comme illégale par la communauté internationale, Salam Fayyad précise que l'Autorité palestinienne présidée par Mahmoud Abbas a "décidé d'accélérer la fin de l'occupation en travaillant très dur pour mener des actions positives sur le terrain, de façon à voir émerger notre propre Etat comme un fait qui ne peut être ignoré". Ce but pourrait être atteint d'ici à deux ans, précise-t-il au quotidien britannique alors qu'une rencontre a lieu à Londres entre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le Premier ministre britannique Gordon Brown, et l'émissaire américain de Barack Obama pour le Proche-Orient, George Mitchell.

Porteur d'un projet de fondation du futur Etat de Palestine, Salam Fayyad envisage notamment de développer les infrastructures dans le domaine de l'eau et de l'énergie, ainsi que dans les secteurs du logement, de l'éducation et de l'agriculture. Il préconise un régime fiscal attractif pour les investisseurs étrangers en Cisjordanie et prévoit la création d'un nouvel aéroport international dans la vallée du Jourdain — l'aéroport de Gaza, construit avec des fonds européens après la signature des accords d'Oslo a été totalement détruit par Tsahal au début de la seconde Intifada — ainsi que de nouvelles liaisons ferroviaires avec les pays voisins. Des services publics efficaces et des forces de sécurité compétentes seraient mises en place avec l'aide des Américains et des Britanniques. Jérusalem-Est, la partie arabe de la ville sainte, deviendrait la capitale de l'Etat.

Aucun programme réellement détaillé et chiffré n'est toutefois encore mis en avant, les projets de l'Autorité palestinienne dépendant très largement de l'aide financière internationale et du régime d'apartheid israélien qui contrôle, s'approprie ou détruit systématiquement toute tentative de développement économique des Territoires palestiniens.