Mahmoud Ahmadinejad

Mahmoud Ahmadinejad

Le président Mahmoud Ahmadinejad tentera le 12 juin prochain de se faire élire pour un second mandat de quatre ans à la tête de la République islamique d'Iran. Sur les 475 candidats enregistrés par la commission électorale iranienne, peu ont une réelle chance d'inquiéter le président sortant. Le Conseil des gardiens de la Constitution en rejetera sans doute un grand nombre, comme il y a quatre ans, où seuls sept postulants ont été retenus sur plus de mille. Si le scrutin se déroule sans heurts, trois candidats sont en position de menacer Mahmoud Ahmadinejad.

Moshen Rezaï, ex-chef des Gardiens de la révolution, l'armée idéologique du régime, est le plus offensif. Il estime que le Président mène l'Iran au bord d'un précipice. Selon lui, la politique économique de Mahmoud Ahmadinejad est un échec en raison de l'inflation galopante. Le réformateur Mehdi Karoubi, 72 ans, ex-président du Parlement, et l'ancien Premier ministre Mir Hossein Moussavi, un conservateur soutenu par les réformistes et attaché aux principes de la révolution islamique de 1979, apparaissent eux aussi comme des opposants sérieux capables d'être élus.

Mahmoud Ahmadinejad, 52 ans, assure pour sa part ne pas penser à son éventuelle éviction du pouvoir. Élu en 2005, il se présente comme un serviteur du peuple épris d'Islam. Souvent vêtu d'un blouson de toile beige, il a l'image d'un homme ayant conservé un mode de vie simple. Sur le plan international, il est devenu la bête noire d'Israël — et par contrecoup des gouvernements et des médias Occidentaux qui ne cessent de le diaboliser — en raison de ses critiques contre l'Etat juif. Le président iranien fait aussi l'objet de sanctions économiques de la part des Occidentaux à cause de sa volonté de développer un programme nucléaire civil pour l'Iran. Selon certains observateurs, ce programme serait à terme susceptible de doter Téhéran de l'arme atomique, à l'instar d'Israël qui possède en toute illégalité (mais sans aucune sanction) quelque 150 missiles à tête nucléaire.

La campagne électorale doit démarrer le 22 mai et s'interrompra le 10 juin au soir, à l'avant-veille du vote. Démocratique en apparence, le scrutin ne passionne pas les Iraniens. D'autant qu'en écartant la candidature de l'ex-président Mohamed Khatami, qui incarnait une possible alternative, Ali Khamenei, le guide suprême de la révolution, a montré qui dirigeait réellement le pays.