Avigdor Lieberman

Avigdor Lieberman

La tournée du ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, entamée hier à Rome, se poursuit mardi à Paris, avant Berlin et Prague où il doit rencontrer Javier Solana, haut représentant pour la Politique Étrangère de Sécurité Commune. Il se rendra ensuite le 18 mai à Washington avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. À Paris, il sera reçu au Quai d'Orsay par son homologue Bernard Kouchner puis à l'Elysée par le Secrétaire général de la présidence, Claude Guéant, et plus discrètement par Nicolas Sarkozy, grand ami de l'Etat juif. Objectif de cette série de visites: rassurer sur les intentions israéliennes concernant le processus de paix avec les Palestiniens, mais aussi et avant tout convaincre les Occidentaux de soutenir Israël dans une guerre contre l'Iran de Mahmoud Ahmadinejad, si celui-ci est réélu cet année, en raison de sa supposée menace nucléaire et de son soutien au Hamas et au Hezbollah.

Le nouveau chef va-t-en-guerre de la "diplomatie" israélienne est prêt pour cela à assouplir un peu sa position sur le conflit israélo-palestinien, du moins sur le simple plan du discours rhétorique, même s'il n'a jusqu'ici rien fait pour désamorcer les quelques rares tensions qui l'opposent à ses homologues européens, bien au contraire. Jeudi dernier, dans une interview au quotidien israélien Jerusalem Post, le chef du parti d'extrême-droite Israel Beitenou a réaffirmé son opposition à la création d'un Etat palestinien, qualifiant le principe de règlement du conflit israélo-palestinien — "Deux Etats pour deux peuples" — de simple "slogan". Des propos de nature à heurter quelque peu les chancelleries européennes et l'administration de Barack Obama, favorables elles à la poursuite du processus de paix d'Annapolis engagé fin 2007. Par ailleurs des milliards de dollars ont déjà été versés par la communauté internationale pour aboutir enfin à la création d'un Etat palestinien, programmé depuis plus de soixante ans et sans cesse retardé par les manoeuvres de l'Etat juif. En réaction aux positions de la diplomatie israélienne, exposées par Avigdor Lieberman dès sa prise de fonctions en avril dernier, Bruxelles a donc fait semblant de geler les discussions sur l'approfondissement des relations entre Israël et l'Union Européenne. Un arrêt qui s'imposait après le massacre par Tsahal, fin 2008, de 1.500 Palestiniens dans la Bande de Gaza. Pas de quoi toutefois stopper le chantage de l'Etat juif qui répond que d'éventuelles critiques sur sa politique risque de remettre en cause l'implication de l'UE dans le processus de paix.

Les organisations pro-palestiniennes et les partis de gauche comme le Parti Communiste de Marie-George Buffet et le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) d'Olivier Besancenot appellent les autorités françaises à ne pas recevoir Avigdor Lieberman, "représentant d'un Etat qui bombarde, réprime et assiège le peuple palestinien tout en poursuivant sa politique de colonisation de la Cisjordanie". Le NPA demande en outre "la suspension immédiate des relations diplomatiques, politiques et économiques entre l'Union Européenne et Israël tant que celui-ci bafouera les droits des Palestiniens". Une manifestation contre la venue de ce ministre israélien notoirement raciste est prévue à Paris mardi 05 mai de 14H30 à 18H00 devant le ministère des Affaires étrangères.