Gaza / Israël

Gaza / Israël

Depuis sa création en 1948, Israël ne cesse de violer les conventions régissant le Droit international. L'Etat juif, fort de l'impunité dont il bénéficie au sein d'organisations internationales comme l'ONU dont il ne respecte aucune résolution en raison du soutien indéfectible des Etats-Unis, multiplie comme aucun autre pays au monde les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité, les crimes contre la paix et même les génocides, au sens juridique qu'en donne la communauté internationale, c'est-à-dire "l'extermination systématique d'un groupe humain de même race, langue, nationalité ou religion par racisme ou par folie". La politique d'apartheid — occupation illégale des territoires, colonisation, terrorisme d'Etat, répressions, étouffement économique, emprisonnements arbitraires sans procès, assassinats dits "ciblés", racisme, etc — menée depuis 60 ans par Israël à l'encontre des palestiniens, ainsi que les massacres de populations civiles de la Bande de Gaza opérés depuis deux semaines par son armée, dépassent les limites de l'horreur. L'opération "Plomb durci" — cette guerre qui n'en pas une puisque dans une guerre il faut au moins deux armées face à face, ce qui n'est pas le cas — est menée avec tout le cynisme et toute la cruauté d'un Etat (par ailleurs plus théocratique que démocratique) qui n'a maintenant plus rien à envier à l'Allemagne nazie en termes de crimes de guerre. Tsahal, l'armée d'Israël complaisamment équipé par les Etats-Unis, est l'une des plus puissantes au monde en effectif et en machines de guerre (avions de chasse, bombardiers, chars, etc). Le Hamas, Mouvement de la Résistance Islamique élu démocratiquement en Palestine en 2006, ne dispose tout au plus que de quelques roquettes artisanales tirées dans le désert par sa branche armée des Brigades Ezzedine al-Qassam depuis la trêve rompue par Israël (et non par le Hamas comme le colporte une certaine presse occidentale transformée en relais de la propagande israélienne). Parmi les crimes commis ces derniers jours dans la Bande de Gaza en totale violation du Droit humanitaire international, en voici trois avérés. Si la communauté internationale se décide un jour à juger les fauteurs de guerre israéliens comme les fauteurs de guerre d'autres pays (Serbie, Rwanda, etc), ces trois crimes de guerre parmi d'autres obligent à traduire Ehud Olmert, Tzipi Livni et Ehud Barak devant la Cour Pénale Internationale (1).

1)- Un rapport de l'Office de l'ONU pour la coordination humanitaire (OCHA) vient de signaler que plus d'une centaine de palestiniens de Gaza — hommes, femmes, enfants, vieillards, tous civils n'ayant rien à voir avec le Hamas — ont été délogés de chez eux en fin de semaine dernière par Tsahal afin d'être parqués dans une maison, sans aucune possibilité de sortir. 24 heures plus tard, l'armée d'Israël bombarde la maison. Bilan du carnage : trente morts palestiniens, dont la moitié d'enfants, délibérément massacrés.

2)- Mardi, une école de l'ONU située à Jebaliya, dans le nord de la Bande de Gaza, où s'étaient réfugiés plusieurs dizaines de palestiniens fuyant les combats et les bombardements, est prise pour cible par l'armée israélienne. Bilan du carnage : 43 morts palestiniens, dont de nombreux enfants. Tsahal affirme qu'elle ripostait alors à des tirs de militants du Hamas mais l'Office de secours et de travaux des Nations Unies (UNRWA) affirme lui être sûr et certain qu'il n'y avait aucun combattant palestinien ni aucune activité militaire dans l'école, précisant en outre que les autorités israéliennes avaient été prévenues de la présence de ces civils réfugiés dans le bâtiment de l'ONU.

3)- Selon le Comité International de la Croix-Rouge (CICR), Tsahal empêche les secours d'arriver auprès des victimes palestiniennes. Des enfants ont dû restés enfermés cinq jours durant dans leur maison, située dans le quartier de Zeitoun à Gaza, avec le corps de leur mère tuée. L'armée israélienne empêchait en effet les secours d'accéder au quartier où avait eu lieu des combats et où gisaient de nombreux morts et agonisants. L'armée israélienne n'a pas porté secours aux blessés palestiniens et, en violation des principes de la Convention de Genève, n'a pas permis à la Croix-Rouge de porter secours aux victimes. De son côté, l'UNRWA a du suspendre jeudi ses opérations humanitaires dans la Bande de Gaza après qu'un de ses convois a été bombardé près du terminal d'Erez, entre Gaza et Israël, par l'aviation israélienne qui a tué le conducteur d'une ambulance. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) décompte 21 tués et 30 blessés parmi le personnel médical et onze ambulances ayant fait l'objet de tirs israéliens.

En dehors de ces crimes flagrants, la crise humanitaire s'aggrave de jour en jour dans la Bande de Gaza. Des centaines de civils, notamment femmes et enfants, meurent sous un tapis de bombes qui n'a rien de "ciblé" et qui n'épargne ni les abris, ni les écoles, ni les mosquées, ni même les hôpitaux. "Efficace" jusqu'au bout dans sa folie meutrière, Israël utilise des bombes GBU-39 — développées et fournies par l'ami américain --, sortes de missiles "intelligents" guidés par GPS et capables d'atteindre avec précision des cibles situées jusqu'à 110 km de distance et de percer des murs de béton d'un mètre d'épaisseur. "L'idéal" pour la guérilla urbaine vue du ciel, sauf que dans un ghetto aussi touffu et entrelacé que Gaza, il est quasi impossible de bombarder une cible sans faire de graves dégâts sur toute une partie du quartier alentour. Les milliers de bombes larguées contiennent en outre chacune plusieurs kilos d'Uranium Appauvri 238, un redoutable poison chimique et radiologique qui risque de contaminer pour de nombreuses années l'eau et la terre palestinienne. En attendant leurs nouveaux-nés malformés, les habitants de la Bande de Gaza ne reçoivent presque plus aucun produit de première nécessité. Les médicaments, les carburants, les aliments, plus rien ne passe. Les stations de pompage d'eau ou de production d'électricité, les hopitaux, les maternités, les écoles, et d'une façon générale tous les services les plus indispensables à la vie quotidienne sont bloqués. La ville de Gaza, où vivent près de 500.000 personnes, vit sous la terreur, régulièrement plongée dans le noir en raison des bombardements incessants et de l'arrêt forcé de la centrale électrique. Après deux semaines de massacres, on dénombre déjà officiellement plus de 850 morts et 3.500 blessés, sans préjuger des centaines de victimes encore non comptabilisées parce que enfouies sous les décombres de leurs maisons. Comme lors de ses précédents bains de sang — Deir Yassin, Sabra et Chatila, Cana, Naplouse, Jenine — Israël vise délibérément à terroriser et à massacrer les populations civiles de Gaza.

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Notes

(1) La Cour Pénale Internationale n'est à priori pas compétente car Israël n'est pas signataire du traité de Rome qui a mis sur pied ce tribunal et la bande de Gaza n'est pas un Etat constitué. Il faut une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU pour saisir la CPI (ce à quoi les Etats-Unis opposeraient à coup sûr leur veto). Certains Etats européens se sont toutefois dotés de lois dites de compétence universelle permettant de poursuivre sur leur territoire des crimes de guerre commis à l'étranger, après plainte de victimes concernées.