Michel Sleiman
Michel Sleiman

Michel Sleiman — orthographié aussi Michel Sleimane, Michel Souleïmane ou encore Michel Suleiman — est né le 21 novembre 1948 à Amchit, près de Byblos (nord du Liban). Fils d'un militaire membre des Forces de Sécurité Intérieure (FSI), titulaire d'une Licence en Sciences Politiques et Administratives obtenue à l'Université libanaise de Beyrouth, il intègre en 1967 l'Académie militaire d'où il sort trois ans plus tard avec le grade de Sous-Lieutenant des forces armées libanaises.

Michel Sleiman suit ensuite diverses formations militaires en Belgique, en France et aux Etats-Unis. Il gravit tous les échelons de l'institution: chef de section, commandant de bataillon, instructeur à l'École militaire et à l'École des sous-officiers,... De décembre 1990 à août 1991, il occupe un poste de Chef des Services de renseignements dans sa région natale du Mont Liban, travaillant en collaboration avec l'armée et les services secrets syriens. Il devient ensuite Secrétaire d'État-major jusqu'en juin 1993. De 1993 à 1996, il dirige la 11e Brigade d'infanterie qui combat notamment Tsahal (l'armée israélienne) sur les fronts du Sud et de l'Ouest du Liban (Plaine de la Bekaa). En janvier 1996, il est nommé Commandant de la 6e Brigade d'infanterie. En décembre 1998, alors que le Liban est encore sous tutelle syrienne, Michel Sleiman succède au général Émile Lahoud — élu Président de la République — et devient Général Commandant en Chef de l'Armée Libanaise.

Chrétien maronite, beau-frère du porte-parole du président syrien Hafez el-Assad, père de trois enfants, couvert de médailles et de décorations — Chevalier de l'Ordre national du Cèdre, de l'Ordre du Mérite libanais et de l'Ordre du Mérite Syrien, Médaille de guerre, Médaille de l'Unité nationale, Médaille de la Sûreté Générale, Médaille de l'Aube du Sud, Médaille d'honneur de la Ligue Arabe,... — Michel Sleimane jouit d'une bonne réputation auprès des libanais et des formations politiques et religieuses composant le pays. Dans l'exercice de sa fonction militaire, il a su réorganiser et restructurer l'Armée après le retrait des troupes syriennes en 2005 et l'amendement de la loi du service militaire. Il a également su défendre le Liban aussi bien contre les attaques terroristes internes (par exemple celle du Fatah el-Islam dans le camp de Nahr el-Bared en mai 2007) qu'externes (attaques israéliennes), même si c'est surtout grâce à la résistance des militants du Hezbollah — mais en partie avec l'aide logistique souterraine de l'armée de Michel Sleiman — qu'Israël a perdu sa guerre lancée contre le Liban chiite en août 2006. À la suite de ce conflit, il est en outre parvenu à redéployer l'armée libanaise au Sud-Liban.

Malgré les luttes fratricides entre sunnites pro-gouvernement et chiites pro-opposition qui agitent le Liban depuis l'assassinat du président Rafic Hariri en 2005, et en particulier depuis la vacance de la présidence de la République libanaise en novembre 2007, le très diplomate tacticien Michel Sleiman a aussi su préserver l'unité et la neutralité de l'Armée. Il a enfin su éviter de s'aliéner un camp ou l'autre en refusant d'engager ses troupes dans la répression, notamment lors de l'immense rassemblement du 14 mars 2005 réclamant le retrait syrien, lors de la grève générale de janvier 2007 ou encore lorsque le Hezbollah et ses alliés ont pris militairement possession d'une partie de Beyrouth début mai 2008 à la suite d'une provocation du sunnite Saad al Hariri, chef de la coalition gouvernementale antisyrienne soutenue par les pays occidentaux. "Impliquer l'armée dans les troubles intérieurs ne servirait que les intérêts d'Israël", a-t-il déclaré, se défendant de tout parti pris.

C'est sans doute cette "neutralité" qui a fait de lui l'homme du consensus accepté et désigné lors de l'accord de Doha (Qatar), sous le parrainage de la Ligue Arabe, par l'ensemble des formations politiques et confessionelles libanaises — y compris le mouvement Amal de Nabih Berri et le Hezbollah d'Hassan Nasrallah — pour succéder à Emile Lahoud à la présidence du Liban, après six mois de vacance du pouvoir et dix-neuf tentatives avortées d'élections au Parlement. Michel Sleiman a été officiellement élu 12e président de la République Libanaise le 25 mai 2008, par 118 voix sur 127.